Chêne
- il y a 10 heures
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J'ai écrit un nouveau livre sur les arbres, et mes amis relecteurs m’ont dit que j’avais oublié de parler du Chêne.
Alors j'ai écrit quelques lignes. Il est difficile de parler de ce qui nous semble à la fois si mystérieux, si grand, et si indescriptible. Lorsque j'ai fini d'écrire, j'ai eu envie de vous partager cela. Comme un extrait de ce prochain livre. Et aussi parce que en l'écrivant, je sentais la joie de partager ce dernier texte pour mon ouvrage.
Le chêne a une place à part dans mon monde, et de manière générale dans le monde celtique.
Je crois que j’ai vraiment rencontré le peuple des chênes alors que je me lançais dans une discipline régulière de méditation.
Je ne connaissais pas grand-chose de la méditation, pas plus que des religions, mais on m’avait parlé de Jean Yves Leloup, un homme inspiré.
Il donnait un enseignement dans le cadre d’une retraite dans le monastère orthodoxe de Saint Michel du Var, dans le sud de la France. J’y suis allé pour cinq jours d’enseignements sur le « Notre Père ». C’était étrange. Chaque jour, j’écoutais l’enseignement durant des heures, et il me semblait ne rien comprendre à ce que disait cet homme. Je me laissais juste bercer par l’ambiance de la crypte où étaient dispensés les enseignements.
J’avais demandé un entretien individuel, afin de rencontrer directement cet enseignant. Et lorsque vint mon tour pour ce rendez-vous que j’avais sollicité, je ne savais pas vraiment pourquoi j’étais là, avec lui, aussi je m’assis et je restai silencieux. Il me demanda si j’avais une question, et comme je n’en avais pas, je lui signalai et nous restâmes en silence. Assis l’un en face de l’autre. Au bout d’un moment, il me signifia que le temps de l’entretien individuel touchait à sa fin.
« Est-ce qu’il y a quelque chose que vous souhaitez partager ? » me dit-il simplement.
Je lui avouais que j’étais là depuis le début de la session, et depuis les trois jours d’enseignement, bien que cet enseignement soit en français, je ne comprenais rien. Ou du moins, je ne retenais rien. J’étais incapable de lui dire de quoi il avait parlé durant ces heures de partage.
Il resta un instant silencieux et me répondit : « et les arbres ? »
Je tendis l’oreille et mon attention devint plus alerte.
— Oui, je les aime. Mais pourquoi me demandez-vous cela ?
— Je ne sais pas. Est-ce que méditer avec un arbre cela vous parle ?
—
Je n’y avais jamais songé, mais sur l’instant cela me paraissait une évidence. Je répondis par l’affirmative.
— Et des retraites en forêt, y avez-vous songé ?
— Pas encore.
J’ai donc fini l’entretien sur cet échange bref. Je suis resté au monastère jusqu’au bout de l’enseignement, sans en retenir la moindre phrase ou idée, et je suis rentré chez moi. J’habitais un petit vallon dans la Haute Vallée de l’Aude.
Dès mon retour, je me mis en quête d’un endroit pour méditer. Je dénichai entre les buissons un ancien abri de berger en pierres sèches, adossé à la colline, avec un chêne vert juste devant l’entrée de cette petite grotte. Je décidai que ce serait ma petite grotte. Cachée des promeneurs, c’était devenu mon refuge solitaire. La forêt m’avait offert un endroit pour venir m’y réfugier chaque jour. Surtout les jours frais ou pluvieux. Quand le temps était ensoleillé, j’allais à quelques pas de là, dans un bosquet de chênes verts, où il y avait une grosse pierre dont le dessus était plat. Je pouvais m’allonger là pour regarder le ciel et les houppiers des arbres, ou je pouvais m’assoir et méditer depuis cet espace surélevé.
Je méditais là quotidiennement, entre ma grotte et cette pierre plate, environ une bonne année. Je restais avec la colline, le ciel au-dessus des crêtes, et les arbres présents. Parfois les ânes de mon voisin venaient me visiter pendant la méditation, me cherchant vers ma grotte, puis descendant vers la clairière à la pierre plate s’ils ne m’avaient pas encore trouvé.
Au bout d’une année environ, vint la période où je devais migrer dans un autre lieu, changer d’habitat. Lors de mes dernières méditations, en fin d’assise, je me laissais traverser par des prières. Je priais avec la forêt, pour tous les êtres. Pour la paix. Pour la libération des êtres. Un jour de ciel gris, je choisis d’aller prier sur le gros rocher. J’allais déménager dans quelques semaines, et j’aimais parler aux arbres et aux pierres avec qui j’avais tissé une relation. Je leur racontai mon déménagement en cours.
Ce jour-là, assis sur la grosse pierre, je fermai les yeux et commençai à méditer. Au bout d’un moment, je sentis l’élan de prier, et je commençais une prière. Comme je priais aussi avec le ciel, je sentis l’élan de regarder vers le haut. J’ouvris les yeux et à ma grande surprise, sans que je ne l’aie entendu arriver, il y avait juste à côté de moi un sanglier de bonne taille. J’aurais pu le toucher avec la main si j’avais étendu le bras. J’étais légèrement surélevé sur ma pierre, arrivant à la moitié de son corps trapu. Il était là, à côté de moi, et ne bougeait pas alors que je priais à voix haute. Je fus vraiment très surpris. Mais je continuais la prière jusqu’au bout. Ma prière changea d’énergie. Je ne priais plus seul. J’étais avec un animal. Un esprit de la forêt qui se manifestait. À la fin de la prière, en toute simplicité, il est parti. Pas un « au revoir ». Pas un regard. Il s’est remis en marche tranquillement. Juste une présence qui est venue me parler par sa simple présence…
Le lendemain, j’allais méditer à nouveau à la grosse roche. J’espérai une nouvelle rencontre. Il n’y eut pas de rencontre renouvelée. Mais un cadeau m’attendait sur le plat, là où je m’asseyais habituellement. Au milieu de ce bosquet de chênes verts, sur ma pierre de méditation et de prière, je trouvai déposé là un « bois » de chevreuil.
L’esprit de la forêt me souhaitait bon vent.
Je déménageai près d’un lac dans une zone forestière des Pyrénées ariégeoises. À proximité du lac, non loin de mon habitat familial, je construisis une cabane de méditation au milieu de pins sylvestres et de chênes pédonculés. C’était un confort supplémentaire comparé à ma grotte précédente. Chaque jour, dans mes moments libres, j’allais soit à cette cabane, soit le plus souvent j’allais sur les berges du lac pour méditer. Méditer avec l’eau, les montagnes au loin, et surtout avec les grands chênes du rivage. Il y avait un endroit que j’aimais particulièrement, un petit bosquet de chênes qui me semblait particulièrement accueillant. C’était l’endroit où les arbres étaient les plus gros. Il y en avait notamment trois rapprochés qui devinrent des compagnons réguliers de méditation et de prière. Je délaissai la cabane la plupart du temps pour retrouver ces amis arbres. J’y suis allé régulièrement durant trois ans.
J’ai beaucoup appris avec ces chênes qui étaient particulièrement gros et grands. Je crois que j’ai plus appris sur les chênes en leur présence que ce qui m’avait été enseigné lors de mes études forestières.
Bien sûr, à l’école forestière j’avais appris bien des choses sur l’arbre « chêne », sa croissance, sa biologie, ses cycles, ses relations avec les champignons du sous-sol, les qualités de son bois, la bonne période pour les couper, etc. Mais l’essentiel, nous ne l’avions pas abordé.
J’ai médité environ cinq ans presque quotidiennement avec les chênes. Et je crois que j’ai plus appris avec eux directement. Ou du moins, j’ai particulièrement aimé ce qu’ils m’ont transmis. Ce n’étaient pas des cours magistraux. C’était un enseignement autre. Magique.
Je sentais une forme de connexion avec la nature environnante. Les chênes ont cette capacité à se relier particulièrement loin dans la forêt. Loin dans l’espace, et loin dans les dimensions. Ils ont la capacité de se relier même quand la forêt semble interrompue. Ils se relient par les racines, par les filaments de champignons qui entourent ou prolongent ses racines, mais ils se relient aussi par l’air, par les messages dont ils chargent l’air qui ensuite les transporte au loin. Dans quelques années, nous serons surpris de constater que les arbres peuvent créer du vent. Des mouvements d’air. Pour différentes raisons, dont celle de transporter leurs messages sur les flux d’air.
Ils peuvent aussi communiquer télépathiquement. Envoyer des messages. Leur son est grave dans l’invisible. Un peu l’équivalent sur la terre ferme du chant de vieilles baleines. Un son qui traverse l’espace en amenant une énergie particulière.
Ils envoient donc leurs messages sur des distances proches ou lointaines.
Ils ont aussi la capacité d’envoyer des messages dans d’autres dimensions. Lorsque des réunions d’esprits de la forêt doivent se faire, des rassemblements, c’est souvent auprès de grands chênes que cela a lieu. Les esprits animaux, les esprits des sources, les esprits des arbres et des fleurs, et un ensemble d’esprits de la nature se retrouvent au pied des chênes. Ils forment une assemblée, avec souvent une grande fée présente et on pourrait dire régulatrice de la rencontre.
Le chêne est un arbre qui rassemble. Il rassemble en lui de manière particulièrement harmonieuse chaque élément, l’esprit de l’eau, de l’air, de la terre et du feu. Il est naturellement prédisposé à l’harmonie.
Et les êtres féeriques aiment sa présence. Fées, licornes, lutins, etc.
C’est dans ce lac entouré de chênes que j’ai vu mon premier dragon. D’ailleurs, c’est le seul dragon que j’ai vu sur notre plan physique, les autres je les ai rencontrés dans d’autres dimensions. Le chêne aide à faire des ponts entre les mondes. Bien sûr, il n’est pas le seul. L’aulne aide à connecter avec les mondes féeriques, surtout de l’eau, le hêtre aide à connecter aux portails dimensionnels et aux esprits de l’air, le bouleau aide à voyager dans les plans cosmiques… mais le chêne est comme au centre d’une vaste constellation. Il est en quelque sortes l’arbre de la synthèse. Celui qui regroupe les qualités de tous les autres arbres. Avec en plus, généralement, un aspect de sagesse bien marqué.
C’est exactement au bord de ce lac, après ces années de méditation et de prières avec les chênes, que j’ai reçu l’invitation de cueillir. De travailler avec eux avec des cueillettes.
Le point de départ a été ce jour de printemps où en fond e méditation, j’ai entendu en moi une voix à la fois grave et douce qui me disait « Partage ce que tu as reçu ».
Surpris, j’ai demandé confirmation, et la voix a répété son message avec autant de douceur et de présence profonde.
Je suis rentré auprès de ma famille et de mes amis, et j’ai partagé la joie et la paix que ces temps de méditation me procuraient.
Je pensais que c’était cela qui devait être partagé. Mais alors que je partageais ces qualités, chaque méditation suivante la voix me répétait son message « partage ce que tu as reçu », comme si elle m’invitait à comprendre quelque chose que je n’avais pas encore perçu.
Je demandais des détails, ne sachant pas trop quoi partager d’autre que cette joie et cette paix. Peut-être amener d’autres personnes méditer avec moi ? Je sentais que ce n’était pas ça.
Évoquer les esprits de la nature que j’entendais parfois me parler ? Ce n’était pas cela non plus.
Cela faisait donc quelques jours que j’essayai de décrypter ce message quand au sortir d’une méditation matinale, la voix m’ayant encore invité à partager ce que j’avais reçu, j’ouvris les yeux et j’avais en face de moi un bourgeon de chêne fraichement ouvert. Il était en train d’entrouvrir ses écailles pour laisser la jeune pousse de feuilles se déployer lentement. J’avais ce bourgeon devant les yeux, à une vingtaine de centimètres. Je ne l’avais pas remarqué quand je m’étais assis pour ma méditation.
« Partage ce que tu as reçu » me dit à nouveau la voix, comme si j’étais sur le point de découvrir l’objet de cette invitation.
Je regardai le bourgeon, et sans que je ne le réfléchisse vraiment, comme si le geste s’était déployé sans mon intention, ma main alla jusqu’à ce bourgeon, à plat, juste en dessous de lui, comme pour l’accueillir dans la paume de ma main.
À ce moment-là, j’ai senti un léger mouvement dans l’air, et j’ai senti le bourgeon se rapprocher de ma main. Comme souhaitant s’y déposer. J’ai à mon tour rapproché ma main jusqu’à le toucher. Et là j’ai senti que ce que je cherchais était trouvé. Vous savez quand d’un seul coup vous trouvez la solution à une énigme, tout ce qui a précédé, d’essais, de réflexions, semble soudainement trouver un sens, tout s’imbrique et vous savez que vous avez trouvé. Et bien c’est ce que j’ai ressenti. En moi et autour de moi. La forêt semblait dire : « Enfin, il a compris. »
Ma pensée a alors pris le relais. J’allais cueillir ce bourgeon. Pour quoi faire, je ne savais pas encore. Je savais que ce n’était pas pour faire sécher le bourgeon. Il devait tremper dans un liquide.
Je me levai et j’allai jusque dans ma cuisine récupérer un pot vide, ainsi que de l’alcool et de l’huile. À priori, les plantes médicinales macèrent la plupart du temps dans de l’alcool ou dans de l’huile. Et je revins auprès de mes chênes. Je m’assis à nouveau face au bourgeon et je demandai s’il était prêt à être cueilli.
La seule réponse fut une énième fois cette voix qui m’invitait à partager ce que j’avais reçu.
Je sentais une profonde gratitude en moi, et je sentais le bourgeon vibrer particulièrement. Je le cueillis et le mis dans le bocal.
Je m’interrogeai mentalement : « Et ensuite ? » Je fus invité à cueillir d’autres bourgeons de chêne, puis ajouter par-dessus de l’alcool. Et j’ai senti en moi à quoi cela pouvait servir.
Puis ce fut au tour des touffes de noisetiers de m’appeler et de me dire « et nous ? Tu viens nous cueillir ? Nous voulons aussi participer ! ». Leur énergie n’est absolument pas la même que celle des chênes. J’ai cueilli les noisetiers, et ils m’ont aussi fait sentir à quoi ils pouvaient servir. Puis les hêtres ont à leur tour appelé. J’ai ainsi cueilli mes premiers bourgeons en tant que remèdes.
J’ai appris quelques semaines plus tard que la macération de bourgeons à des fins thérapeutiques s’appelait la « gemmothérapie », et j’ai exploré cette voie durant des années.
Mais j’ai aussi pu remarquer que je me suis laissé entrainer par la vision matérialiste des arbres et de la gemmothérapie, et je me suis éloigné bien souvent de cette connexion primordiale. De ce premier bourgeon. Alors j’ai senti qu’il était temps d’y revenir. De revenir à cette présence, à ces présences et ces guidances de la forêt.
Avec l’esprit du chêne, j’ai voyagé dans d’autres dimensions de la terre. J’ai reçu des enseignements des peuples féeriques, et des fées elles-mêmes. Parfois, lors de ces voyages, il se passe un temps différent dans la matière. J’ai pu constater cela quand lors d’un voyage j’ai passé trois semaines dans une forêt d’enseignement, et que dans le temps habituel il ne s’était écoulé que deux heures. Le temps dans les dimensions autres est bien différent.
Dans l’un de ces voyages, j’ai rencontré mon arbre maître. Sur Terre, cela pourrait être le chêne, bien que selon les lieux, l’arbre maître soit différent. Mais globalement, ayant tissé une relation si forte avec le chêne, il a une place particulière dans ma constellation intérieure. Car mon arbre maître rencontré dans la forêt des fées n’existe pas sur Terre. Ou pas encore.
J’ai fait parfois de drôles de rencontres auprès des chênes. Des rencontres humaines et des renconytres non humaines. Il est étrange de constater que des êtres sont entre les deux mondes. Certains humains peuvent avoir cette apparence humaine tout en étant habités d’une énergie féerique.
Comme par exemple ce jour où j’accompagnai un petit groupe pour méditer en forêt de Nébias, dans la Haute Vallée de l’Aude. C’est une forêt particulière avec un labyrinthe naturel, des arbres majestueux… et un grand chêne en son centre. Un de mes amis. Nous sommes donc allés avec ce petit groupe auprès du vieux chêne. Et nous avons médité. À la fin de la méditation, après avoir fait des offrandes, nous étions en train de charger nos sacs à dos sur nos épaules quand un jeune homme est entré dans la clairière. Il était étrange. Son énergie était étrange. Pas uniquement humaine.
Je le saluai, et je senti un peu plus fort encore cette énergie qui l’habitait. Une énergie angélique et féerique à la fois, avec des relents de mondes souterrains. Je ne saurai pas la définir exactement.
Je lui demandai s’il était d’accord que nous restions avec lui un instant, que nous venions de méditer avec le vieux chêne. Je sentais aussi que nous étions « en fréquence » avec le groupe et que les autres avaient bien perçu l’aspect étrange et singulier de cet homme. Et chacun était prêt à rester encore un peu dans la clairière.
Il nous répondit qu’il était venu pour prier avec le vieux chêne et lui faire une offrande de musique, puis il allait se retirer dans la forêt pour quelques jours. Et c’était d’accord pour lui que nous restions le temps de son offrande de musique.
Nous avons délesté nos épaules de. Nos sacs et chacun s’est installé dans la clairière du vieux chêne. Une nouvelle assise. J’ai senti l’élan de fermer les yeux.
Le jeune homme était resté debout. Il formula à voix basse des paroles, qui pouvaient être ses prières, puis après un court silence, le son d’une flûte s’éleva dans l’air ambiant.
C’était de la flûte et plus que de la flûte. C’était envoutant. Le son était magique. Je choisis de me laisser emporter par cette énergie. C’était un son surnaturel. Qui me plongea dans un état second. Je voyageais sûrement dans une autre dimension de l’être. Je me suis sûrement dilaté pour fusionner avec cette clairière, ce chêne, ce son… Je n’en garderai aucun souvenir. Quand le son de la flûte s’est arrêté, j’ai juste senti à quel point à mon tour je me sentais empli de cette énergie étrange. C’était lumineux. Empli de paix et de bonté. Je suis resté les yeux fermés un instant. Pour laisser cette sensation perdurer le plus possible.
Quand j’ai ouvert les yeux à nouveau, le jeune homme avait disparu et les autres membres du groupe étaient dans le même état que moi. Enchantés…
Il est difficile de parler du chêne. Entre sa force, sa rudesse, sa douceur, sa sagesse… il rassemble tellement de qualités…
Récemment, lors de la venue en France de mon amie Sara Luz, messagère spirituelle de la Vallée sacrée du Pérou, nous avons eu la chance d’avoir été conduits à un chêne majestueux dont le tronc était creux. Nous y avons fait un rituel de renaissance par l’arbre. Par le chêne. Je suis donc renait du chêne…
Et je sens que la forêt a de nombreuses choses à nous enseigner. Sans que je ne sache comment faire, si ce n’est à m’en remettre et à me mettre au service de l’esprit de la forêt, des esprits de la forêt, je sens que cela participe à une renaissance sur le plan collectif. La renaissance d’une vieille sagesse, la renaissance de connexions avec d’autres plans, d’autres dimensions, et la renaissance d’hommes et de femmes particulièrement liés à la forêt ou au peuple des arbres.
C’est dans ces plans autres que vivent des enseignants des anciennes traditions, des gardiens de sagesses, des guides pour la nouvelle aube… il y a là, dans ces plans subtils, des rencontres à faire pour certains d’entre nous. Et il y a des gardiens de portes, des sages, des visionnaires, des fous, des musiciens, des méditants… ces passeurs déjà présents ou en devenir. Un peu humains, et aussi habités de cette énergie autre… Des énergies des profondeurs de la Terre ou des forêts des ciels de lumière.
Et le chêne, comme d’autres compagnons de la forêt, attend patiemment que les connexions se rétablissent, et que dans les grands rassemblements féeriques, certains d’entre nous viennent apporter des messages d’espoir, d’humilité et de sagesse.
Le chêne attend chacun d’entre nous. En connexion. En ouverture…
Auprès d’un chêne vit un Ancien. Qu’il soit le chêne lui-même, ou un proche parent. Il y a toujours un Ancien qui veille. Qui parfois dort, dans cette dimension ou un autre plan. Une relation qui dort est une porte à entrouvrir. Une magie féerique à retrouver. Un trésor à cueillir. Accueillir.
Près du grand chêne vit un pommier. Ses fruits portent les pommes d’argent de la lune et les pommes d’or du soleil…

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