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Fils du Vent

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Bonjour,


         Je profite de ce pèlerinage pour vous parler d’un compositeur qui m’inspire beaucoup. Il va dans les mondes invisibles y cueillir des paroles et des mélodies. À chaque halte du pèlerinage, nous chantons quelques-uns de ses chants. Car nous l’aimons particulièrement. Et ses chants ont été les premiers chants que nos enfants ont entendu après leur naissance.


         Ce chanteur/compositeur se nomme Gamelo. Je l’ai rencontré une nuit de magie avec les esprits des plantes. Sa voix et ses chants « habités » ont emporté chacun des participants. Et au petit matin, alors que presque tous dormaient, nous étions juste quelques-uns n’arrivant pas à dormir, et il a chanté face à l’horizon. Après les chants de la nuit, ce chant du matin est particulièrement resté gravé dans ma mémoire et dans mes cellules. Je l’ai écouté et écouté encore. Parfois le jour, parfois le soir. Il ouvre parfois un espace à l’intérieur.

Lorsque je l’entends, il me ramène à ces terres d’un autre monde que je visite parfois…


     Comme cette fois où avec ma femme nous sommes allés vers ce vieux sage à la longue chevelure blanche et la barbe aussi bien longue, qui descendait sur une vêture toute blanche et lumineuse. Dans cette lande sur le sommet arrondi d’une colline, nous étions dans un cercle de pierre. Il y avait huit pierres, dont quatre avaient des symboles particuliers, tous différents. Et au centre du cercle, une table de pierre posée sur des roches enterrées.


     L’homme en blanc nous indiqua que les pierres levées sans inscriptions étaient des pierres indiquant les directions, et chacune des pierres avec un symbole était reliée à un élément.

     Je sentais que ma femme était là pour m’accompagner, que c’était le temps pour moi de recevoir un enseignement ou une initiation.

     Il nous invita à nous approcher et il nous plaça face à une de ces pierres gravées. Il tendit un bandeau à ma femme qui avec une infinie douceur me banda les yeux. Et toujours en silence, je sentis qu’elle se mit à mes côtés. Je me sentais rassuré par sa présence. Le vieil homme se mit derrière moi et dit d’une voix claire, comme adressée au Ciel :


Esprit du Feu 

Fils de l’Eau

Esprit du Vent 

Fils de la Terre

Entre donc dans la dimension des éléments, que la fresque prenne tout son sens.


Puis il s’adressa à ma femme et de la même voix il annonça :

Esprit du Feu 

Fille de l’Eau

Esprit du Vent 

Fille de la Terre

Qui comme un souffle, détonnant, ramène ton cœur au présent…


     Il mit ensuite ses mains sur mes épaules, pendant que ma femme se mit face à moi et mit sa main délicatement au centre de ma poitrine. Je sentais à travers sa main qu’elle était habitée par une énergie que je ne lui connaissais pas. Elle irradiait de magie.

     J’étais dans cette observation intérieure, les yeux toujours bandés, quand l’homme reprit, d’une voix douce, comme me parlant à l’oreille :


Deviens le Vent et emporte les mémoires mortes et le Temps

Souffle le voile et entends s’inspirer ton regard, Fils du Vent.

La brise fuse, la brume se fend, d’un tourbillon étincelant.

S’envole le masque d’une vie bourrasque,

libre est ton chemin hors du Temps


Il répéta ces derniers mots :

Libre est ton chemin hors du Temps…


     Et je sentis intérieurement souffler un vent magique. Mon corps un peu courbé se redressa, ma respiration s’amplifia. Je me sentais particulièrement libre. Et particulièrement fils du Vent.

Absorbé par ces perceptions intérieures, je n’avais pas senti que la main de ma femme s’était détachée de ma poitrine.

Les mains de l’homme, toujours sur mes épaules, me firent pivoter délicatement sur la droite d’un quart de tour. Je devais être face à une autre pierre gravée. À nouveau, il reprit d’une voix plus forte et adressée au ciel :


Esprit du Feu 

Fils de l’Eau

Esprit du Vent 

Fils de la Terre

Entre donc dans la dimension des éléments, que la fresque prenne tout son sens.


Puis à nouveau il s’adressa à ma femme :

Esprit du Feu 

Fille de l’Eau

Esprit du Vent 

Fille de la Terre

Qui comme un déluge d’abondance ramène ton cœur au Présent


     Je sentis à nouveau la main rassurante de ma femme qui se posait au centre de ma poitrine, et ce fut ainsi pour l’esprit de chaque élément que l’homme me présenta.

     Après l’appel à l’élément, il posait ses deux mains sur mes épaules puis ma femme posait sa main sur ma poitrine, et l’homme reprenait, avec une voix plus douce, comme posée directement au creux de mon oreille, et je l’entendais non pas comme on entend une voix extérieure, mais une voix qui semble à l’intérieur de la tête, voire à l’intérieur de tout le corps, comme une présence évidente. Je n’eus pas le temps de trop analyser, car déjà sa voix m’emportait dans une magie que je ne saurais expliquer, mais à laquelle je m’abandonnais en toute confiance:


Deviens la Pluie, sentinelle, et diffuse le sentiment du Ciel.

Puisse ta lueur couleur vermeil abreuver le désert en Éveil.

Mêle la Vie, mêle la tienne à l’eau sacrée de la rivière de tes rêves.

Honore ta vie. Elle sera belle, comme une vague explorant ton âme humaine.

Et il répéta Comme une vague explorant ton âme humaine


     Je ne saurais vous dire à quel point il est doux de sentir cette vague parcourir tout l’intérieur du corps. Il y a là-dedans un sentiment de profonde connexion. De reliance à quelque-chose d’indéfinissable que nous pourrions appeler « Vie ».


     Le vieil homme restait dans mon dos et me laissait un moment d’intégration avant de me tourner d’un quart de tour à nouveau, face à de nouveaux symboles gravés sur une autre pierre. Et il reprit avec ses paroles pour ma femme et moi :


Esprit du Feu 

Fils de l’Eau

Esprit du Vent

Fils de la Terre

Entre donc dans la dimension des éléments, que la fresque prenne tout son sens.

Esprit du Feu 

Fille de l’Eau

Esprit du Vent 

Fille de la Terre

Qui comme une flamme te souriant, ramène ton cœur au Présent.


     Je comprenais que chaque élément concerné était appelé et canalisé par l’homme et par ma femme. Ils appelaient cet esprit vivant, comme émanant d’un portail dimensionnel, et incorporait ces deux accompagnants. Il parlait à travers l’homme, pendant que ma femme laissait diffuser en moi, par ma poitrine, par mon cœur, la présence de cet esprit élémentaire. Je remarquais ces pensées qui venaient à chaque fois que la présence de l’élément diminuait en moi. J’étais tout d’abord absorbé, empli de l’esprit élémentaire, voyageant hors du temps, et quand sa présence diminuait en moi, le flot des pensées reprenait. C’était le moment où la voix de l’homme me faisait repartir dans cet espace hors du temps, et hors du monde, où je ne devenais que ressenti. Je me préparais à recevoir le message de l’esprit du Feu.


Deviens le Feu, et consume le jeu de la folle infortune

Dans ton royaume, la lueur d’une flamme sincère toujours brûle

Invite le feu, sans ton costume, et que ton foyer se rallume

Ô magicien le feu circule… ton esprit est le véhicule…

Ô magicienne le feu circule… ton esprit est le véhicule…


     Je sentis de vieilles pensées, de vieilles habitudes et de vieilles mémoires, comme de vieux habits, se détacher de moi et se consumer comme un papier brulé qui s’envole au-dessus d’un feu ardent. Et je m’entendis murmurer intérieurement, empli d’amour et de gratitude : Ô Feu de mon cœur…


     À nouveau, l’homme et ma femme devaient sentir ensemble ces montées et descentes d’énergie en moi, car nous tournions d’un quart de tour à chaque fois que je sentais faiblir la vague d’énergie. Nous fîmes face à la dernière pierre gravée. Les yeux bandés, je ne me souvenais plus de ses symboles, mais je savais qu’il ne restait que l’élément de la Terre. Je me laissais aller pour un dernier voyage intérieur.


Esprit du Feu 

Fils de l’Eau

Esprit du Vent 

Fils de la Terre

Entre donc dans la dimension des éléments, que la fresque prenne tout son sens.


Esprit du Feu 

Fille de l’Eau

Esprit du Vent 

Fille de la Terre

Qui comme un cristal transparent ramène ton cœur au Présent


     Je sentis que notre trio s’était accordé, harmonisé à cet esprit de la Terre, et je me laissais emporter dans un état qui me permettait de sentir tous les êtres de la terre. Je me sentais connecté à tout ce qui vit, depuis les lacs et rivières, les montagnes et océans, les animaux et les plantes, tous les humains et aussi les esprits de la nature. Tout ce qui vit sur la terre et aussi au plus profond de ses entrailles. Toute vie, même dans les dimensions subtiles. Je me sentais Terre. Terre, mère de tous les êtres…


Deviens la Terre, et espère voir fleurir les champs et les gens.

Et gentiment nourrir de ton Essence claire, dans une danse, de Toi partageant l’humus de l’Homme, Mère Terre, qui fait croitre d’amour les enfants.

Somptueuse Terre, Déesse mère… nourris toi de Sa Joie patiemment


     Je me sentis particulièrement en connexion avec mes amis priant des Andes péruviennes. Je sentis sur l’instant à quel point la Terre nous aime. Et je me joignis à leurs mots, emplis d’amour : Ô Pachamama


     Et avec la même voix douce, l’homme reprit et j’entendais sa voix clairement dans ma tête, une voix qui se juxtaposait aux images et perceptions que je vivais dans cette transe magique :


Esprit du Feu 

Fils de l’Eau

Esprit du Vent 

Fils de la Terre

Entre donc dans la dimension des éléments, que la fresque prenne tout son sens.

 

Esprit du Feu 

Fille de l’Eau

Esprit du Vent 

Fille de la Terre

Qui comme un cristal transparent ramène ton cœur au Présent


     Je sentais mes pensées et mes sensations se mélanger. Tout cela tourbillonnait, et mon point central était la main de ma femme sur ma poitrine. Je me sentais empli de forces jusqu’alors inconnues. Je me sentais relié à tout ce qui vit. Ouvert et vibrant d’amour. J’entendis ma voix prononcer ces mots, avec un amour que je n’avais encore jamais ressenti :


Ô Esprits des éléments

Connectez-moi à la Source de Vie

Mère Eau,

Père Feu,

Mère Terre

Frère Air

Vous qui vivez en mon cœur

Je me connecte à la Source…

À la Source de Vie…



         J’ai voyagé dans cette rencontre grâce à ma femme et après avoir écouté attentivement ce chant de Gamelo, « Fils du Vent ». Mon voyage s’est arrêté dans une forme de béatitude où je me suis abandonné. Ce qui me restait, après ce voyage, c’était cette étrange sensation que mon front était comme couronné. Et je sentais aussi étrangement que du haut de mon crâne se dressaient des cors de cerf. Je sentais à la fois ma tête légère avec ces bois de cerf pointant vers le ciel, et aussi alourdie.


     Je vous partage ce texte, car nous sommes des êtres de lumière ayant la capacité à voyager dans différentes dimensions. Chaque soir, voire à différents moments de la journée si nous avons cette liberté, nous avons la possibilité de sortir de la matérialité, de nous allonger et de nous laisser voyager. Ce n’est pas imaginaire. C’est un réel voyage. Notre essence voyage dans d’autres mondes, avec d’autres lois physiques. Ce que nous nommons « rêves » ou « imaginaire » est si réducteur, si loin de notre réalité profonde. Alors que dans certaines communautés, ces voyages sont considérés comme un art ou une religion. Car ils nous apportent des enseignements, des compréhensions, des guérisons, des libérations, des intégrations… tant de choses que ces voyages spirituels offrent.

Nous sommes des êtres spirituels.


     Et je profite de cette lettre pour remercier du fond du cœur mon frère Gamelo, ainsi que tous les artistes, priants et méditants, guides spirituels, anges du ciel et artisans de paix sur Terre (dont vous faites sûrement partie), qui apportent une énergie particulière invitant à voyager avec notre corps de lumière, et accueillir les vibrations de lumière les plus élevées. À déployer notre espace visionnaire et apprendre à voir la vie avec sa multidimensionnalité et une richesse insoupçonnée.


Nous sommes des magiciens. Nous devenons magiciens dès que nous laissons émaner à travers nous le sacré. Dès que nous nous laissons aller et déployer un art sacré. Cette traversée de l’être qui se déploie, venant de mondes subtils et s’exprimant à travers le canal que nous sommes. Cela nous apprend à être un canal, à nous connecter et nous offrir à la grâce de l’instant, à ce « quelque chose » qui nous fait nous sentir momentanément « plus qu’humain ».


Nous apprenons avec ces connexions, ces voyages, à nous connaître un peu plus, au-delà de notre expérience dans la matérialité. Nous apprenons à nous découvrir et à avoir une autre approche de la vie et de nos capacités à connecter à différentes dimensions. Il ne s’agit pas d’exclure la matérialité, mais il ne s’agit pas non plus de la réduire, cette vie, à ce qui serait uniquement matière.

Nous avons d’autres possibilités de perception. Et surtout, voyageant dans ces mondes, au-delà de ce que nous réduisons habituellement dans ce que nous nommons « humain », nous rencontrons une essence primordiale, une essence qui vit en toute chose, qui vibre de ce que l’on pourrait nommer « un amour sans limites »…


Stéphane

Lien vers ce chant (je vous invite à fermer les yeux et vous laisser emporter par les paroles et la voix qui chante, sans modération, et n'hésitez pas à écouter d'autres titres, à envoyer un message clin d'oeil à Gamelo...) : Fils du Vent sur soundcloud

 
 
 

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