l'Ancien
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En ce dimanche matin, il m’a pris l’envie d’aller visiter l’Ancien. Un être qui m’inspire et m’aide sur mon chemin de vie. Quand je l’ai trouvé, il était assis face à son autel, où une simple bougie éclairait l’espace alentour. Il interrompit sa méditation pour m’accueillir. Il le fit silencieusement. Je respectais toujours sa façon de me saluer. J’attendais qu’il fasse le premier signe, ou dise le premier mot.
Là, il était silencieux, comme prolongeant sa méditation. Il me montre le fauteuil violet qui est proche de son autel et je m’y assis. Puis il me regarda dans les yeux, et plongé dans son regard, j’entendis sa voix. Je vous transmets ce que j’ai retenu de sa parole.
Aujourd’hui est un nouveau jour. Un nouveau matin, une nouvelle journée.
Le ciel est légèrement voilé attendant que le soleil vienne éclairer l’aube de sa lumière.
Durant la journée, la Terre continue son voyage dans le cosmos, et le cœur de cette Terre déploie une vibration dans l’espace, pour les êtres qui y sont proches, ou les êtres qui sont lointains. Depuis la plus petite fourmi jusqu’aux planètes les plus lointaines, ou même depuis la plus petite particule jusqu’au confin de tous les univers, cette vibration se déploie. Son cœur bat. Et je peux m’y relier.
L’eau, mère de tous les humains, mère de nombreux êtres, est présente et apporte la douceur de son esprit. Je la sens dans mon corps. Elle apporte une énergie particulière. Je la sens aussi autour de moi, dans l’air que je respire, dans le son de la rivière et la beauté des feuilles du chêne devant moi.
C’est le matin. Je sors de la méditation et je sens cela. Je me sens bien. Profondément relié. Connecté. Des pensées inspirées et claires traversent l’espace des pensées, et j’en saisis quelques-unes.
Je regarde ma femme et mes enfants, et je les trouve tellement beaux.
Puis quelque chose apparait. Une énergie veut prendre le contrôle de tout ça. Je sens sa présence. Sur les pensées, sur les perceptions. Elle veut réduire. Limiter. Faire croire à l’être éternel que je suis qu’il est un petit être. Un « corps qui pense ». Une personne. Comme je résiste, cette énergie insiste.
Que faire ? Lutter ? Laisser faire ?
Si je lutte, j’ai la nette sensation d’alimenter cette énergie.
Si je lâche, j’ai l’impression qu’elle va gagner. Quoiqu’il en soit, je serai perdant.
Alors je me tourne vers la Terre, vers le Ciel, vers le Soleil, l’Eau, le Vent, et les plantes autour de moi. Je leur demande de m’aider.
Mais ils semblent impuissants. Il y a quelque chose qui voile déjà la relation.
Alors je me tourne vers l’intérieur. Vers tous ces éléments qui vivent aussi à l’intérieur. Et je me dépose dans une sorte de force particulière. Certains nomment cela « foi » ou « espérance ». Je ne sais pas. Il n’y a pas de mots.
Je me connecte à cet espace qui ne lutte pas, et qui ne cherche ni à gagner, ni à perdre. Il est juste présent. Rayonnant. Paisible et confiant.
Je sais qu’à divers moments de la journée, par habitude, par conditionnement, je vais ça, à nouveau oublier. Et cette énergie qui vient subtilement réduire et refermer va s’immiscer dans tous les espaces où cela lui est possible. Corps, émotions, pensées… et je sais que patiemment, inlassablement, je reviendrai à cet espace intérieur pour connecter à ce qui est. Ce qui relie. Ce qui déploie et inspire. Et à nouveau, je percevrai que cet intérieur et ce qui l’entoure n’est pas séparé. Jusqu’aux confins de l’univers, j’accompagne le cœur de mère Terre. Et jusqu’aux plus profond de ce corps, je sentirai aussi sa douce présence, et celle de tout ce qui est.
Combien de fois ai-je oublié ?
Dans cette existence j’ai vécu tant de fois où le soleil s’est levé. J’ai vécu tant de reliance et tant d’oublis.
Persévérer. Oui, patiemment revenir à cette lumière irradiante qui me ramène à ce que certains nomment « paix » ou « pure joie ». Revenir et revenir encore. Comme si chaque retour traçait quelque part dans mon invisible un sillon que ma conscience aime retrouver. En faire un chemin de plus en plus direct. Et mon âme rayonnante aime semer des graines de lumière sur ce sillon, et les laisser se déployer. Intérieur, extérieur, il n’y a plus de frontières quand ce qui se déploie est empli de pure lumière.
Combien de fois ai-je senti que je revenais à l’essentiel ? Que je laissais mon essence primordiale se déployer ? Je crois que cela tient à peu de moments.
Je ne sais pas combien de temps ce corps va encore fonctionner. Il arrivera un jour où les organes vont signaler des faiblesses. Un moment où il me faudra quitter ce vêtement terrestre pour retrouver mon corps d’éternité. Malléable. Plus léger.
Il viendra un jour où la densité aura moins de prise, et que je me détacherai de la gravité.
Puissè-je revenir à l’essentiel.
Pendant le temps qu’il me reste à expérimenter cette existence terrestre, puissè-je revenir à ce qui vibre l’infini en moi, et le laisser être. Agir et penser.
Puisse cela rayonner et t’apporter, toi qui viens me voir et te relie à cette essence à travers moi.
Puissè-je apporter Sa divine présence à travers moi, et la partager avec tous les êtres, de tous les mondes, de tous les temps... »
Je ne souhaite pas alourdir ce message, et surtout je n’en ai retenu qu’une partie consciemment. Le reste, soit je l’ai oublié apparemment, ou alors le message est devenu plus personnel par moments. Mais j’ai retenu surtout une chose.
J’ai senti que quand il parlait, c’était d’une certaine façon un « moi » futur qui me parlait. Comme si j’étais un peu lui, quand je serai plus âgé. Il y a quelque chose en lui qui m’inspire. Comme une direction qui me plait. Je sens que nous pouvons tous devenir des Anciens et Anciennes, des êtres inspirants. Être un « vieux » n’a pas de sens, cela n’inspire pas grand-chose. Alors autant s’ouvrir à la possibilité de nourrir en nous ce qui souhaite devenir à son tour inspirant, ce qui peut devenir un aîné pour d’autres êtres. Et patiemment, laisser en nous des sillons se tracer, et des voies lumineuses s’ensemencer et fleurir de bonté.

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