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Le langage de l'eau


Oriandre avait répété ce que mes guides de lumière avaient mentionné quelques jours auparavant. Je ne sais jamais comment ce vieux sage lit dans l’invisible, mais il avait répété ce que des guidances avaient révélé : « observe la nature avec des yeux du surnaturel. Regarde la nature avec d’autres sens que tes sens habituels. Observe et décèle dans le naturel ce qui vient de l’invisible, des sphères divines sur cette terre. Observe les esprits de la nature, l’Esprit dans la Nature ».


J’ai donc regardé de façon particulière. Et quelles révélations ! J’ai vraiment vu différemment.


Ce fut d’abord sur la route devant chez moi. J’ai laissé Lucie marcher devant, à quelque distance. Elle poussait la poussette où notre bébé observait autour de lui. A ses côtés, notre jeune fils Nolwë, marchait au rythme de la poussette. J’étais à quelque distance et je voyais clairement un halo autour de Lucie et autour de Nolwë. Un halo différent entre l’un et l’autre.


Puis un peu plus tard, j’allais avec Nolwë à la rivière faire des offrandes. Je pris vraiment mon temps. Et je fus surpris des ombres des feuilles d’arbres portées sur les roches de la berge. Les arbres jouaient avec ces ombres portées, c’était particulier. Je sentais intérieurement comme si les esprits des arbres écrivaient sur les roches un langage particulier. Cela me mit dans un état intérieur de paix profonde et de communion.

Avec Nolwë nous fîmes quelques pas dans la rivière. Je tenais Nolwë par les mains, et nous marchions parmi les galets glissants. Je regardais où je mettais les pieds. Soudain mon regard fut attiré par une pierre spéciale. Elle semblait porter des inscriptions d’une alphabet autre que notre alphabet occidental. Je sorti la pierre pour la montrer à Nolwë, mais dès qu’elle fut hors de l’eau, elle perdit cet alphabet. Alors je la remis à sa place dans le lit de la rivière, et l’alphabet revint à nouveau. Des signes de l’eau. Une écriture de l’eau. Je me laissais absorber par quelques galets écrits, et à nouveau je me sentis dans un état particulier, comme si je lisais des révélations sur l’eau et les mondes du minéral.


L’eau a diverses écritures : une écriture de terre dans les formes qu’elle grave sur le sol, une écriture d’eau dans les formes ondulantes de ses courants et ses orbes fluides lorsqu’un objet la touche, et une écriture d’air, dans ses reflets solaires ou lunaires et ses projections vivantes sur les troncs d’arbres et sur les roches moussues. Elle a tellement d’écritures, de sonorités, de langages, que cette eau est un élément à découvrir à chaque instant. Elle est vivante et exprime tant de choses à qui l’écoute et s’ouvre à sa divine présence.


Regarder avec un regard qui accueille le surnaturel, le plus que naturel, le plus que connu. C’est quelque chose. Nous sortons du regard habituel pour plonger dans une autre possibilité. Une connexion avec l’indicible, avec ce qui habituellement est caché parmi le visible. L’invisible n’est pas caché à nos yeux. Il est juste tellement brillant qu’il s’agit d’adapter le diaphragme de notre regard. Changer la façon dont la lumière rentre en nous. Dans un partage de lumière, il y a une brillance tant dans le monde extérieur que dans le monde intérieur.


Cet accordage est une forme d’harmonie qui nous change. Nous nous accordons au diapason du ciel ici-bas. Nous révélons notre corps de lumière, ce double qui nous survit après la mort, et qui demande à être nourri dans cette existence terrestre. Il est un pont entre la terre et le ciel. Il amène dans notre corps purement terrestre une qualité qui rend la vie particulièrement vibrante. C’est un corps de vie. Accessible quel que soit notre âge, notre situation sociale, notre activité professionnelle… c’est un corps qui a ses propres règles physiologiques, que nous découvrons dans le calme, la beauté et l’harmonie. C’est un corps qui invite à l’extase, la béatitude des jours rayonnants.

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