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Pensée

  • il y a 1 jour
  • 4 min de lecture

J’ai souvent évoqué mon AVC et l’expérience de mort provisoire que j’ai connu dans la continuité de cet AVC.

Mais il y a un fait que je développe peu. Car en fait, j’y avais prêté peu d’attention jusqu’alors, bien que ce soit un passage déterminant sur le plan spirituel. Cela peut donner un éclairage à vos propres expériences d’éveil ou de libération.

 

Au moment de mon AVC, j’ai clairement senti que le contrôle physique n’avait plus sa place. Il y avait dysfonctionnement en divers endroits du corps physique : les lèvres se sont paralysées, une partie du corps a été paralysée, et la parole a été tronquée. Autrement dit, ma pensée s’est dissociée. D’un côté il y avait une pensée qui pouvait penser clairement, c’est-à-dire énoncer une phrase, écouter ce qui était prononcé par la bouche, avoir un point de vue sur la situation, et d’un autre côté, la parole qui sortait ne correspondait donc pas à ce qui était pensé.

J’avais deux espaces qui pensaient. L’un clair, et l’autre qui déclinait rapidement.

L’instant suivant, ce qui pensait clairement flottait au-dessus du corps physique, continuant à percevoir clairement la situation, les paroles, mais point nouveau, je pouvais aussi percevoir certaines pensées des personnes présentes.

Quant au corps, il y avait le cops physique sous « moi », et le corps qui s’était détaché du corps physique flottait dans l’air, pouvant passer à travers les cloisons de la maison sans problème.

 

Je me sentais paisible, bien qu’un dernier stress concernait le fait de ne pas avoir assez dit « je t’aime » à mes proches.

 

Le fait que je trouve important, c’est qu’il y a deux pensées dans le corps. Autrement dit, il y a deux espaces qui agissent sur la pensée. L’un est clairement attaché à l’ego (l’image de soi d’après nos représentations et conditionnements) et l’autre est un espace qui reste clair et relié, au-delà de la notion de « moi » individualisé.

 

En fréquentant les cultures indigènes, il est flagrant que cet espace clair est ce qui est privilégié dans l’éducation, pour développer une perception du monde, de la vie, des relations, avec un aspect englobant, non attaché à l’individu. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’individu. L’ego est toujours présent. Mais il est à une autre place, avec d’autres fonctions et un autre pouvoir. L’ego n’est pas le souverain isolé, individualisé, séparé, qui cherche à contrôler, analyser, juger… il est juste une perception parmi la Vie qui se manifeste.

Ce qui fait que lorsque j’entends un ami Q’ero dire « nous sommes des êtres d’éternité », c’est une réalité qu’il nous partage. Et une invitation.

Il n’est pas nécessaire de vivre une expérience de NDE (mort provisoire) pour toucher à cet état.

Il s’agit juste de remettre en question les postulats qui fondent notre identité. Car cette identité est généralement fausse dans les pays occidentaux. Elle est d’ailleurs soudainement perçue quand nous quittons le corps physique au moment du passage de la mort. Cette identité ne peut vraiment survivre, et nous découvrons alors ce qui est déjà vécu par de nombreux êtres dans le monde.

Il est possible d’expérimenter la paix, la joie, de façon fugace ou plus durable. C’est un chemin. Un chemin qui nous renvoie à la question : qui suis-je ? et en déconstruisant pas à pas certains conditionnements. Non pas une exploration mentale et intellectuelle, mais une expérience directe qui peut se percevoir. Car l’exploration mentale n’amène généralement que des doutes, des pensées supplémentaires, et peu de joie.

Le rééquilibrage des espaces de pensée permet de revenir à une autre approche de la réalité, plus vibrante, ainsi qu’à plus de paix et de joie.

 

Après une expérience de trois jours et trois nuits chez un maître spirituel en Espagne, j’ai vécu quelques semaines dans un état de béatitude. Je percevais les arbres, la rivière, les personnes, comme faisant partie d’un grand tout et irradiant de lumière.

Comme cela avait duré plusieurs jours après mon retour dans le foyer familial, j’ai cru que cet état serait permanent. Et d’une certaine façon, il l’a été. Car le temps avait disparu, il n’y avait que le moment présent.

Puis cette expérience s’est estompée. Et la grande motivation de mon chemin spirituel, ce qui fonde ma persévérance, est cette direction que m’ont donné ces deux expériences d’éveil (AVC et avec ce maître spirituel). Je vous le partage, car il y a dans ces moments de vie une paix et une joie incomparables. Ces profonds sentiments sont naturels, sans accrocs, sans faille, dans une plénitude parfaite. Ces états d’être nous relient à une source d’amour infini.

 

Lors de ces deux expériences, je n’ai pas « ajouté » quelque chose à ce que je suis. J’ai plutôt constaté que je lâchais, que je libérais une part qui habituellement a le contrôle, et l’état d’éveil et de reliance apparait.

 

Cet état est au-delà d’une guérison. Car il n’y a pas de maladie dans cet état. Il n’y a pas de mort non plus. Il y a juste l’éternité.

Il n’y a pas de possessions dans cet état-là. Car tout est une même présence, rien n’appartient plus à l’un qu’à l’autre. Il n’y a qu’abondance.

Il se peut que nous reliant à cette source d’abondance, que ce soit l’abondance de l’air, de l’eau, des rayons de soleil, des étoiles, de la terre sous nos pieds ou de brins d’herbe dans les prés… nous arrivions pas à pas à accueillir en nous une autre façon d’être au monde. Une autre façon d’accueillir la vie, et par extension, une autre façon de percevoir l’humanité.

 
 
 

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